Test Valor Mortis : un soulslike qui ose et qui réussit

Un soulslike à la première personne, dans une Europe napoléonienne ravagée par une peste surnaturelle : sur le papier, Valor Mortis avait tout du pari risqué. Le studio polonais One More Level, connu pour Ghostrunner, bouscule les habitudes du genre en changeant de point de vue, et ça fonctionne. Le jeu est fluide, parfois nerveux, et la vue subjective fait enfin sentir la taille des boss qui vous font face. Il reste quelques défauts qui agacent, à commencer par l’absence de voix françaises dans un jeu où l’on incarne un soldat de Napoléon. Mais l’ensemble est solide, bien pensé, et il innove sans renier ce qui fait le sel des soulslikes.

L’essentiel

Valor Mortis réussit son pari d’un soulslike à la première personne, avec un système de parade très efficace.

La direction artistique, sombre et soignée, rappelle Lies of P, BioShock et Dishonored.

Les voix existent uniquement en anglais, et le bestiaire manque un peu de variété.


Valor Mortis ose la vue subjective, et le pari paie

Je l’avoue, j’avais un doute en lançant Valor Mortis. Un soulslike se joue d’habitude en vue à la troisième personne, pour garder un œil sur son personnage et sur ce qui l’entoure. Passer à la première personne, c’est accepter de voir moins de choses, et donc de se faire surprendre. Sauf que c’est justement là que le jeu trouve son identité.

Les combats gagnent en tension, et les embuscades deviennent redoutablement efficaces : un ennemi qui surgit d’un coin de grange, vous le découvrez au dernier moment, comme votre personnage. Face à un boss, la vue subjective change tout, parce que vous levez littéralement les yeux pour voir jusqu’où monte la créature. Cette sensation de grandeur, je ne l’avais jamais ressentie de cette façon dans le genre.

Vous incarnez William, un soldat de la Grande Armée qui se relève de sa tombe sans mémoire, dans une Europe alternative rongée par une peste qui transforme les vivants en monstres. L’histoire est sympa, inhabituelle pour un soulslike, et elle reste un peu en retrait. L’ambiance, les dialogues, les notes laissées un peu partout et les détails du décor la portent, assez pour donner envie d’en savoir plus sur certains personnages. Pour l’avis du reste de la presse, notre tour des premiers tests de Valor Mortis fait le point sur les notes publiées à la sortie.


La parade, cœur battant de chaque duel

Dans Valor Mortis, tout le système de combat tourne autour de la parade. Vous enchaînez parades, esquives, attaques lourdes et coups critiques, et quand tout s’emboîte, c’est franchement grisant. Le jeu se prend en main en quelques minutes, mais il demande beaucoup de temps pour être vraiment maîtrisé. C’est exactement l’équilibre qu’on attend du genre.

Une transmutation de feu frappe des infectés devant une grange de Valor Mortis
Les transmutations magiques complètent l’épée et les armes à feu. Capture officielle One More Level / Lyrical Games

Attention quand même, la fenêtre de parade est parfois stricte, et certaines attaques sont difficiles à lire. Vous allez rater des parades que vous pensiez réussies, surtout au début. Ça fait partie de l’apprentissage, et chaque combat gagné après plusieurs essais en devient d’autant plus satisfaisant.

La difficulté reste inégale. Les ennemis d’élite sont particulièrement agressifs, et les attaques à distance comme les embuscades peuvent vous punir sévèrement. À l’inverse, une fois leurs mouvements appris, les boss de Valor Mortis sont plutôt abordables. Petit regret, ils ne sont pas très nombreux.


Chaque arme répond à une situation précise

L’arsenal de Valor Mortis mélange armes de corps à corps, armes à feu et transmutations magiques, et tout se complète bien. Le sabre est polyvalent, la rapière pousse à jouer agressif. Côté armes à feu, le pistolet, le tromblon et le mousquet ont chacun leur usage, selon la distance et le type d’ennemi. On passe vite de l’un à l’autre sans réfléchir, et c’est bon signe.

Le menu d'amélioration de la rapière de Valor Mortis, dégâts de 52 à 56
Chaque arme se fait améliorer selon votre façon de jouer. Capture officielle One More Level / Lyrical Games

La progression et la personnalisation restent simples, et c’est voulu. Compétences, statistiques et ambres vous permettent d’adapter votre style de jeu, sans vous noyer sous des menus comme dans un RPG traditionnel. Pour un jeu vendu 39,99 euros, le contenu proposé est généreux.


Une direction artistique dans la lignée de Lies of P

Visuellement, Valor Mortis m’a mis une claque. L’ambiance sombre et oppressante rappelle l’excellent Lies of P, avec des touches de BioShock et de Dishonored. Les environnements varient beaucoup : champs de bataille, villages en ruine, forêts, cavernes. Chaque zone a son identité, et on a envie de s’arrêter pour regarder le décor.

L’exploration suit la même logique. Les niveaux du jeu sont reliés par des raccourcis bien trouvés, et des secrets permettent de récupérer des ressources d’amélioration. Ce plaisir de découvrir un passage qui ramène au point de départ fait partie de ce que j’aime le plus dans le genre, et le jeu le réussit bien.


Explorer sans carte, le vrai point de friction

Le revers de l’exploration dans Valor Mortis, c’est l’absence de carte et de marqueurs de quête. Quand vous devez revenir en arrière pour retrouver un passage, vous perdez du temps, et ça devient vite pénible. Certains joueurs aiment cette part de flou, mais ici elle rend surtout les retours en arrière inutilement longs.

J’avais déjà joué à la démo avant la sortie, et je sens une vraie différence avec le jeu final, dans le bon sens : tout paraît plus fluide et mieux fini. Les déplacements gagneraient encore à être peaufinés dans les passages les plus techniques, mais le chemin parcouru depuis la démo est net. Quelques temps de chargement viennent aussi casser le rythme, et j’aurais adoré ne pas les voir. Le bestiaire, enfin, est un peu léger : vous croisez souvent les mêmes ennemis, et à force, ils se répètent.


Napoléon parle anglais, et c’est dommage

C’est le défaut qui m’a le plus frustré en tant que joueur français. Le jeu propose une interface et des sous-titres en français, mais les voix n’existent qu’en anglais. Dans un jeu où l’on incarne un soldat napoléonien, entendre Napoléon parler anglais casse un peu l’immersion, même avec Vincent Cassel au doublage.

Ce choix fait tache dans un jeu aussi soigné sur le reste. La fiche Steam officielle de Valor Mortis confirme un doublage anglais seul.


Valor Mortis mérite sa note

Valor Mortis prend des risques, et il a raison de le faire. C’est un jeu bien pensé, qui sait innover tout en gardant les acquis du genre : un vrai système de parade, des boss qui impressionnent, un arsenal où tout a sa place et une direction artistique superbe. Ses défauts existent, entre les voix uniquement en anglais, les chargements et un bestiaire un peu court, mais ils pèsent peu face au plaisir de jeu. Si vous aimez les soulslikes, celui-ci mérite clairement votre attention. Et si vous cherchez un autre soulslike indé exigeant, notre test de False Hero vaut aussi le détour.

Verdict Hitbox pour Valor Mortis : Excellent

Ce qu’on aimeCe qu’on aime beaucoup moins
Une vue à la première personne qui fait sentir toute la taille des bossDes voix uniquement en anglais, Napoléon compris
Un système de parade précis et très gratifiantDes temps de chargement qui cassent le rythme
Une direction artistique sombre et marquante, dans la lignée de Lies of PUn bestiaire un peu léger
Une prise en main rapide pour une maîtrise qui demande du tempsL’absence de carte, qui rend les allers-retours pénibles
Un arsenal où chaque arme a son rôle, du sabre au mousquetUne difficulté inégale, avec des ennemis d’élite très agressifs
Des raccourcis et des secrets qui récompensent l’exploration
Ce qui peut vous le faire acheterUn soulslike qui prend de vrais risques avec sa vue subjective, en gardant les bases du genreCe qui peut vous dégoûterDes voix uniquement en anglais et des ennemis qui finissent par se répéter

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