Anomalith est sorti le 28 octobre sur Steam, ainsi que sur PS5 et Switch 2. Ce jeu d’action à la troisième personne signé FuRyu mélange horreur liminale, exploration, survie et tir, dans un Japon envahi par des zones anormales. J’en ai vu le bout en 16 à 20 heures environ, et j’ai passé un bon moment dans son univers inquiétant, porté par un excellent doublage japonais. Ses mécaniques manquent pourtant de cohésion, et son scénario reste inégal. Pensez aussi à la langue : le jeu est disponible en anglais, en japonais, en chinois et en coréen.
L’essentiel
Anomalith tient surtout par son univers, qui transforme des lieux familiers du Japon en espaces liminaux inquiétants.
Les combats de boss et le doublage japonais comptent parmi ses meilleures réussites.
Collecte, survie et combat manquent de cohésion, et une difficulté mal dosée rend vite l’héroïne trop puissante.
Reona Minazuki plonge dans un Japon déformé par les anomalies
Vous incarnez Reona Minazuki, une jeune fille de 17 ans qui rejoint une organisation spécialisée dans les zones anormales pour retrouver son amie disparue. Ces zones reproduisent des lieux familiers du Japon sous des formes déformées et inquiétantes, et des créatures dangereuses y rôdent. Immeubles, centres commerciaux, hôpitaux : Anomalith puise dans les décors du quotidien pour les rendre étranges.
Derrière le jeu, l’équipe a de quoi rassurer. D’après la présentation de NIS America relayée par Gematsu, Romeo Tanaka signe le scénario, MON le design des personnages et Yuka Kitamura la musique, une compositrice passée par Elden Ring, Sekiro et Bloodborne.
En octobre, l’horreur d’inspiration japonaise est déjà passée entre nos mains, avec notre test de Tenebris Somnia, un hommage rétro à Clock Tower. Anomalith joue une autre carte, celle du jeu de tir à la troisième personne.
Des espaces liminaux qui donnent envie de fouiller
L’univers est l’une des grandes réussites d’Anomalith. L’exploration fonctionne plutôt bien, portée par une ambiance mystérieuse et par la curiosité que suscitent ces lieux. Chaque nouvelle zone donne envie de voir ce qui se cache un peu plus loin.

Visuellement, l’ambiance doit beaucoup à son esthétique. La fiche Steam d’Anomalith parle d’espaces liminaux et d’une esthétique rétro de l’ère Shōwa, et c’est exactement ce que dégagent ces couloirs vides et ces pièces qui ne mènent nulle part.
Un scénario qui laisse trop de questions en suspens
Petit à petit, le scénario développe le passé de Reona, et l’idée de départ a de quoi accrocher. Il peine pourtant à rendre certains événements crédibles et cohérents. J’ai regretté les nombreuses questions laissées sans réponse, ainsi que des résolutions parfois trop rapides.
Autour d’elle, les personnages secondaires ont un potentiel intéressant, mais leur développement reste trop limité. On aimerait passer plus de temps avec eux, et en apprendre davantage sur ce qui les pousse à plonger dans ces zones.
Heureusement, le doublage japonais rattrape beaucoup de choses. Il est excellent, et il apporte une vraie intensité émotionnelle aux personnages, surtout dans la seconde moitié de l’aventure. D’après la fiche Steam, c’est Hitomi Ueda qui prête sa voix à Reona.
Une boucle de survie qui manque de tension
Côté gameplay, Anomalith mélange exploration, collecte de ressources, gestion d’inventaire et affrontements. Le problème, c’est que ces mécaniques manquent de cohésion. Chacune fonctionne dans son coin.
Prenez la collecte de matériaux : elle reste assez superficielle. Je remplissais mon stockage, puis je retournais à un portail pour envoyer mes ressources à la base. Le système de survie manque aussi de tension, puisque je me suis rarement retrouvé obligé de choisir entre garder un objet et en abandonner un autre.
Ces ressources servent tout de même à améliorer vos armes, à débloquer des accessoires et à renforcer les statistiques de Reona. Le système d’amélioration est intéressant, mais j’ai pu venir à bout de la plupart des combats en investissant surtout dans une seule arme.
Des fusillades vite répétitives, sauvées par les boss
Pour ce qui est du tir, les fusillades sont agréables, et elles procurent une bonne sensation de puissance. Les affrontements deviennent cependant vite répétitifs, avec des situations qui se ressemblent d’une zone à l’autre.

Reona dispose aussi de capacités spéciales liées à son anomalisation (Anomalization Skills, en anglais) : des attaques au corps-à-corps et des compétences défensives qui consomment des MP. Leur complémentarité avec les armes à feu reste limitée, et les deux façons de se battre se mélangent assez peu.
Les combats de boss sont l’un des meilleurs aspects du jeu. Leurs mécaniques sont originales, et certains vous obligent à repérer des points faibles puis à adapter votre stratégie en cours de route.
C’est dans ces affrontements que les bonnes idées d’Anomalith ressortent le mieux, parce qu’ils obligent à lire l’affrontement et à chercher la faille.
Une difficulté mal dosée qui rend Reona trop puissante
Autre souci, la difficulté manque d’équilibre. Entre les améliorations, des ressources faciles à trouver et des checkpoints généreux, Reona devient rapidement trop puissante. Pour un jeu de survie, c’est dommage.
Certaines missions secondaires imposent aussi de revisiter des zones déjà explorées. Les récompenses sont parfois intéressantes, mais ces allers-retours finissent par rendre l’aventure répétitive.
Anomalith arrive sans version française
Sur Steam, Anomalith propose des textes en anglais, en chinois simplifié et traditionnel, en japonais et en coréen, avec des voix complètes en japonais et en coréen. Il faut donc être à l’aise avec l’anglais pour suivre l’histoire.
Comptez 44,99 € sur Steam, avec une remise de lancement de 10 %, sur un prix de base de 49,99 €. Le 1er novembre, ses évaluations Steam étaient « plutôt positives », avec 75 % d’avis favorables sur 236. NIS America sortira par ailleurs une édition physique PS5 en Occident le 12 novembre, au prix de 59,99 dollars.
Anomalith, une aventure imparfaite qui retient l’attention
Au final, Anomalith est une expérience sympathique, avec de bonnes idées et un univers assez intéressant pour retenir l’attention du début à la fin. Ses espaces liminaux, ses boss et son doublage japonais portent l’aventure.
Ses mécaniques imparfaites, son scénario inégal et son manque de cohésion l’empêchent d’aller plus haut. Si les espaces liminaux et l’horreur japonaise vous attirent, et que l’anglais vous convient, Anomalith mérite qu’on s’y attarde.

| Ce qu’on aime | Ce qu’on aime beaucoup moins |
|---|---|
| Un univers liminal inquiétant, tiré de lieux familiers du Japon | Collecte, survie et combat qui manquent de cohésion |
| Une exploration portée par une ambiance mystérieuse | Un scénario qui laisse trop de questions sans réponse |
| Des combats de boss aux mécaniques originales | Une difficulté mal dosée, qui rend Reona trop puissante |
| Un excellent doublage japonais, surtout en seconde moitié | Des missions secondaires qui renvoient dans des zones déjà explorées |
| Des fusillades qui procurent une bonne sensation de puissance | Aucune version française |
| Ce qui peut vous le faire acheterUn Japon liminal qu’on prend plaisir à explorer | Ce qui peut vous dégoûterUne boucle de survie sans vraie tension |
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