Queen’s Domain est sorti le 30 octobre sur PC, PS5, Xbox Series et Switch 2. Cet action-RPG à la première personne, développé par le duo de Freshly Baked Games et édité par Future Friends Games, assume pleinement l’héritage de King’s Field et des premiers Demon’s Souls. J’y ai joué sur PC, et j’ai découvert un jeu rétro et exigeant, qui vous lâche sur une île mystérieuse sans jamais vous prendre par la main. Son exploration et son level design m’ont conquis. Son combat a en revanche pris un coup de vieux, et sa difficulté punitive risque de rebuter une partie des joueurs.
L’essentiel
Queen’s Domain brille par son exploration et par un level design qui récompense vraiment la curiosité.
La sainte épée Endu et ses gemmes donnent à la progression des airs de metroidvania pendant une bonne partie de l’aventure.
Un combat daté, des points de sauvegarde rares et une progression parfois mal expliquée peuvent frustrer.
Une île de Neasied où personne ne vous montre le chemin
Vous échouez sur les côtes de l’île de Neasied, à la recherche de votre père disparu, et Queen’s Domain vous laisse ensuite vous débrouiller. Pour savoir où aller, vous comptez uniquement sur les indices disséminés dans le décor et sur le guide intégré, puisque Queen’s Domain se passe de marqueur d’objectif et de journal de quêtes classique.
Concrètement, j’ai passé mon temps à explorer pour comprendre où aller ensuite. Il faut fouiller chaque recoin, trouver des passages secrets, débloquer des raccourcis et mettre la main sur des objets indispensables à la progression. L’approche est volontairement rétro, et elle demande de la patience.
Hitbox avait présenté le projet au moment de l’annonce de sa date, dans notre article sur Queen’s Domain, l’héritier de King’s Field. La version finale tient ses promesses sur le plan visuel, avec une 3D low-poly aux textures pixelisées qui donne énormément de personnalité à cet univers mystérieux.
Un level design qui récompense chaque détour
C’est la conception des niveaux qui m’a le plus séduit dans Queen’s Domain. Les environnements sont complexes, enchevêtrés comme le promettait la fiche du jeu, et ils se rejoignent par des raccourcis que vous ouvrez au fil de l’aventure. Chaque détour finit par payer, et la curiosité comme l’observation sont vraiment récompensées.
Mieux vaut aussi tendre l’oreille. Certaines créatures se repèrent au son avant même d’apparaître à l’écran, ce qui oblige à rester attentif aux ennemis comme aux indices sonores. L’exploration y gagne une vraie tension, et chaque couloir sombre s’aborde avec prudence.
Ce plaisir de la découverte a un revers. Certains objets importants se distinguent mal des textures du décor, et il est facile de passer à côté de ressources essentielles. Je le regrette, parce qu’une ressource ratée coûte cher dans un jeu aussi exigeant.
La sainte épée Endu donne des airs de metroidvania à l’aventure
La meilleure idée de Queen’s Domain tient dans son système de déplacement. Avec la sainte épée Endu et ses gemmes, vous effectuez des dashs aériens qui permettent de franchir de grands obstacles. C’est la mécanique la plus intéressante du jeu, et elle structure toute l’exploration de l’île.

Pendant une bonne partie de l’aventure, la progression ressemble ainsi à celle d’un metroidvania, avec des zones qui ne s’ouvrent qu’une fois de nouvelles capacités obtenues. Revenir vers un passage aperçu plus tôt, avec enfin de quoi le franchir, procure un vrai plaisir de découverte.
Un combat à l’endurance qui a pris un coup de vieux
Côté armes, vous découvrez peu à peu un arsenal varié : épées, haches, bâtons, armes à distance et équipements magiques, chacun avec ses propres capacités. La fiche Steam de Queen’s Domain annonce plus de 50 armes de mêlée et plus de 20 types d’armes de jet.
Chaque attaque consomme une grande partie de la jauge d’endurance, et courir puise aussi dans cette réserve, ce qui oblige à la surveiller en permanence. Mon principal reproche porte sur le combat lui-même, que je trouve assez daté. Le rythme des affrontements manque de fluidité, et je me suis souvent retrouvé à esquiver en attendant de pouvoir frapper de nouveau.

L’équipement apporte heureusement de la richesse. Les armes ont des propriétés physiques et élémentaires, et vous pouvez les exploiter pour identifier les faiblesses des ennemis et adapter votre équipement. Bien choisir son arme face à un adversaire change nettement l’issue d’un affrontement. Si la vue subjective vous plaît dans ce genre exigeant, notre test de Valor Mortis, un autre soulslike à la première personne, montre une approche davantage centrée sur les parades.
Des armes qui évoluent à force de servir
La progression passe d’abord par vos armes. Elles gagnent de l’expérience à mesure que vous les utilisez, et certaines évoluent radicalement une fois leur maximum atteint, avec de nouvelles capacités parfois très utiles. De quoi donner envie de s’attacher à une arme pour voir ce qu’elle deviendra.
Votre personnage monte aussi en niveau grâce à l’expérience récupérée sur les ennemis. Les accessoires et les artefacts permettent ensuite d’affiner considérablement vos statistiques, et la fiche du jeu précise que la nourriture les améliore également.
Des obélisques rares et une difficulté qui punit chaque erreur
Queen’s Domain est difficile, et une bonne partie de cette difficulté tient à sa sauvegarde. Les obélisques sont les seuls véritables points de sauvegarde, et tomber au combat avant d’en atteindre un peut vous faire perdre une progression importante.
Ces obélisques servent aussi à récupérer vos ressources et à débloquer un marchand particulier. Se reposer fait toutefois réapparaître les ennemis, et il faut bien choisir le moment de s’y arrêter.
J’ai aussi rencontré quelques problèmes de conception dans la progression. L’ordre et la logique d’accès à certaines zones sont mal expliqués, et une mauvaise décision peut même vous conduire à une mauvaise fin après plusieurs combats de boss. Sans journal de quêtes pour vous guider, ce manque de clarté pèse lourd.
Une version PC propre, que le studio corrige déjà
Sur PC, Queen’s Domain m’a laissé une très bonne impression technique. L’optimisation est propre, le jeu est stable, et les options de personnalisation sont nombreuses, avec la prise en charge complète des manettes et le remappage des commandes. Le studio a aussi annoncé le 29 octobre que Queen’s Domain était « Vérifié » sur Steam Deck.
Freshly Baked Games a déjà publié trois correctifs entre le 31 octobre et le 1er novembre. Ils règlent notamment un blocage dans une zone, un gel au moment où une arme évolue et une porte coincée, et ajoutent une option de lancement en DirectX 12.
Côté public, le lancement se passe bien. Dans son message de lancement publié sur Steam, le studio annonce avoir dépassé les 300 000 wishlists. Le 1er novembre, 94 % des 742 évaluations Steam étaient positives, avec la mention « Très positives ». Queen’s Domain est affiché à 16,56 € avec une remise de lancement de 15 %, sur un prix de base de 19,49 €, et il est jouable en français.
Queen’s Domain vaut largement les efforts qu’il demande
Au final, Queen’s Domain est un excellent action-RPG rétro, qui brille avant tout par son exploration, son level design et son atmosphère mystérieuse. La richesse de son univers et le plaisir de la découverte compensent largement ses défauts.
Son combat volontairement archaïque, sa difficulté punitive et son manque d’indications peuvent frustrer, et mieux vaut le savoir avant de se lancer. Si vous avez aimé King’s Field ou les premiers Demon’s Souls, et que fouiller une île labyrinthique sans aide vous parle, Queen’s Domain mérite clairement votre temps.

| Ce qu’on aime | Ce qu’on aime beaucoup moins |
|---|---|
| Une exploration qui récompense la curiosité et l’observation | Un combat daté, au rythme peu fluide |
| Un level design complexe, rempli de passages secrets et de raccourcis | Des obélisques rares, qui font perdre beaucoup de progression après un échec |
| Les dashs aériens de la sainte épée Endu, qui ouvrent la progression façon metroidvania | Des objets importants difficiles à distinguer du décor |
| Des armes qui évoluent à l’usage, parfois radicalement | Un ordre de progression mal expliqué, qui peut mener à une mauvaise fin |
| Une 3D low-poly aux textures pixelisées pleine de personnalité | |
| Une version PC propre, stable et très configurable | |
| Ce qui peut vous le faire acheterUne île labyrinthique où chaque détour finit par payer | Ce qui peut vous dégoûterUne difficulté punitive, avec très peu d’indications pour vous guider |
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