Tenebris Somnia est sorti le 16 octobre sur PC, PS5, Xbox Series, Switch et Switch 2, édité par New Blood Interactive. C’est un survival horror en 2D et en pixel art qui rend hommage à Clock Tower, avec une particularité qui saute aux yeux : des scènes filmées avec de vrais acteurs, maquillages et effets gores compris. Autant le dire tout de suite, je l’ai trouvé sympa, sans plus. Son histoire et ses séquences filmées m’ont vraiment accroché, mais une maniabilité lourde et quelques énigmes floues m’ont souvent sorti du cauchemar. Il vise une niche très précise du jeu vidéo, les nostalgiques de la 8 bits et les fans de films d’horreur à l’ancienne, et pour eux il vaut le détour.
L’essentiel
Tenebris Somnia mêle pixel art et scènes filmées avec de vrais acteurs, et ses transitions entre les deux font mouche.
Le scénario, qui creuse une rupture qui tourne à l’obsession, est son plus gros point fort.
Une héroïne lente, des combats laborieux et des indices parfois flous plombent le rythme.
Tenebris Somnia rejoue Clock Tower avec des pixels et du sang
Vous incarnez Julia, une réalisatrice qui fait toutes les nuits le même cauchemar : son ex-petit ami, Ivan, se fait massacrer par des créatures monstrueuses. Elle part à sa recherche, et ce qu’elle découvre la ramène directement à leur ancienne relation. Nous avions présenté le mélange de pixel art et de scènes filmées de Tenebris Somnia à l’annonce de sa date de sortie. Tenebris Somnia est développé par Andrés Borghi et Saibot Studios, et il est vendu 15,99 € sur la page Steam de Tenebris Somnia, sans traduction française.
L’héritage de Clock Tower se sent dès les premières minutes. Vue de côté, pixel art, survie à l’ancienne : on explore, on fouille et on fuit souvent. C’est un jeu qui assume complètement ses références, et ça fait plaisir de voir une équipe aussi sincère dans son amour du genre.
L’histoire de Julia et Ivan est le cœur du jeu
Le scénario est ce qui m’a le plus accroché. Tenebris Somnia dévoile les secrets du couple petit à petit, et il parle de choses qu’on croise rarement dans un jeu d’horreur : la rupture, l’obsession, le deuil d’un amour et le prix des choix qu’on a faits. Chaque révélation donne envie de pousser jusqu’à la suivante.
Les décors suivent le même chemin. Au début, vous traversez des lieux presque banals. Puis tout se déforme, devient abstrait, franchement inquiétant, comme si les souvenirs et les blessures des personnages prenaient le contrôle des murs. J’ai beaucoup aimé cette façon de raconter l’histoire par les lieux, sans tout expliquer par le texte.
Les scènes filmées font basculer Tenebris Somnia dans le film d’horreur
C’est là que Tenebris Somnia m’a le plus impressionné. Le pixel art laisse régulièrement la place à des séquences en prises de vues réelles, et le passage de l’un à l’autre est saisissant. Vous avancez dans un petit décor en 8 bits, et d’un coup la scène bascule en images filmées. Ces transitions décuplent l’impact des scènes d’horreur.
Et la réalisation suit. Les acteurs sont convaincants, les maquillages des monstres sont réussis, les effets gores sont faits à l’ancienne, avec du concret devant la caméra, et le son est vraiment dérangeant. On sent une équipe qui connaît par cœur le cinéma d’horreur à l’ancienne.

La direction artistique tient aussi en dehors des cinématiques. Le contraste entre les endroits ordinaires et les zones surnaturelles tordues donne au jeu une vraie identité visuelle, qu’on reconnaît au premier coup d’œil. Dans la même veine, METAMORPHOSIS mise elle aussi sur l’horreur en pixel art, preuve que la scène indé n’a pas fini d’explorer ce style.
Chaque balle compte face aux créatures
Côté survie, Tenebris Somnia joue la carte du classique. Les munitions et les soins sont rares, les ennemis vous mettent vite en difficulté, et fuir reste souvent la meilleure option. J’ai dû surveiller mes munitions en permanence, et c’est exactement la tension qu’on attend d’un survival horror.
Les boss sont les moments les plus tendus. Il faut comprendre leurs attaques tout en gérant ce qui reste dans l’inventaire, et certains combats sont longs et durs. Heureusement, des points de contrôle sont placés juste avant, ce qui évite de tout recommencer après un échec. Sans eux, certains affrontements auraient vite tourné à la corvée.

Pellicules, miroirs et couleurs inversées au service des énigmes
Une grosse part du jeu repose sur les énigmes. Vous ramassez des objets, vous les combinez et vous les utilisez au bon endroit. La plupart se résolvent naturellement, d’autres demandent d’observer et de réfléchir un peu plus. Mes préférées sont celles qui jouent avec l’univers de Julia : la photographie, les pellicules, ou les décors qu’on manipule.
Tenebris Somnia a aussi quelques idées franchement originales. Par moments, le jeu inverse vos commandes, renverse les couleurs de l’écran ou se sert des miroirs pour révéler ce qui est invisible à l’œil nu. On a l’impression que le cauchemar de Julia déborde sur le joueur, et ce sont les passages qui m’ont le plus marqué.
Sauf que tout n’est pas aussi bien dosé. Sur certains passages, les indices manquent de clarté, et je me suis retrouvé à tester des interactions au hasard ou à revenir sur mes pas pour comprendre ce que le jeu attendait. Ces moments cassent le rythme et la peur avec.
Julia se traîne, et les poursuites en souffrent
Le vrai point faible de Tenebris Somnia, c’est la prise en main. Julia se déplace lentement, les combats sont parfois laborieux, et il arrive de rester accroché au décor. Dans un jeu où l’on fuit souvent, ça pose problème : une poursuite qui devrait faire monter la pression devient frustrante quand votre personnage reste accroché au décor.
Honnêtement, c’est ce qui m’empêche de le noter plus haut. L’ambiance et l’histoire donnent envie d’avancer, et la maniabilité vous rappelle régulièrement que vous tenez une manette.
Un bon survival horror pour les fans de pixel art et de vieux films gores
Au final, Tenebris Somnia est une aventure courte qui mise tout sur sa narration et sa présentation, et sur ces deux points elle frappe fort. Plusieurs fins sont à découvrir, ce qui donne une bonne raison d’y revenir. Ses défauts de maniabilité et ses énigmes parfois obscures le gardent toutefois dans la catégorie des bons jeux, sans plus.
Si vous avez grandi avec la 8 bits et que les films d’horreur à l’ancienne vous font vibrer, foncez. Pour tous les autres, c’est une curiosité à garder dans un coin de la tête, peut-être pour une promotion.

| Ce qu’on aime | Ce qu’on aime beaucoup moins |
|---|---|
| Un scénario fort sur la rupture et l’obsession | Des indices parfois trop flous |
| Des scènes filmées saisissantes, maquillages et effets gores compris | Une héroïne lente à manier |
| Des décors qui se déforment au fil de l’histoire | Des combats parfois laborieux |
| Des idées folles avec les commandes, les couleurs et les miroirs | Un personnage qui s’accroche au décor pendant les poursuites |
| Une vraie tension autour des munitions et des soins | |
| Des points de contrôle bien placés avant les boss | |
| Plusieurs fins à découvrir | |
| Ce qui peut vous le faire acheterUn hommage sincère à Clock Tower et aux films d’horreur à l’ancienne | Ce qui peut vous dégoûterUne maniabilité lourde qui gâche les poursuites |
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