Test Well Dweller : ce metroidvania mise sur l’exploration

Well Dweller ne cherche pas à révolutionner le metroidvania, et il ne s’en cache pas. Le nouveau jeu de Kyle Thompson, déjà auteur de Crypt Custodian et d’Islets, reprend une structure très classique du genre. Sa différence se joue ailleurs, dans la qualité de l’exécution : des déplacements d’une grande précision, une exploration riche et un univers de conte noir qui sait aussi faire rire. J’ai trouvé les combats et les boss un cran en dessous du reste, sans que cela gâche l’ensemble. Voici pourquoi Well Dweller mérite votre attention, et ce qui l’empêche d’aller encore plus haut.

L’essentiel

Un metroidvania classique dans sa structure, mais remarquablement bien exécuté.

L’exploration et les déplacements sont le cœur de l’expérience, et ils sont excellents.

Comptez une douzaine d’heures, davantage si vous visez les 100 %.


Un conte cruel où l’on incarne un petit oiseau

Le point de départ donne le ton. Dans ce royaume de conte de fées sombre, une reine fait massacrer les oiseaux pour utiliser leurs plumes. Vous incarnez Glimmer, l’un des derniers survivants, qui vit avec sa famille au fond d’un puits et part chercher de quoi nourrir sa mère malade.

L’histoire bascule vite dans la quête de sauvetage, après l’enlèvement de la mère et des frères et sœurs de Glimmer. Ces derniers jouent d’ailleurs un rôle important dans l’ambiance, puisqu’ils réapparaissent régulièrement au fil de l’aventure et apportent beaucoup de personnalité à l’univers.

Ce qui m’a le plus plu, c’est le mélange des registres. Well Dweller passe constamment de l’horreur et de la cruauté à un humour absurde, et les situations les plus macabres sont régulièrement contrebalancées par un dialogue ou une scène comique. Le jeu ose le sombre sans jamais devenir pesant.

La direction artistique suit la même logique de contraste. Un style de livre illustré très épuré sert de décor, tandis que les ennemis et les boss adoptent des formes beaucoup plus grotesques, sombres et horrifiques. Les environnements changent régulièrement d’apparence et d’ambiance, ce qui entretient l’envie d’aller voir la suite.

Un détail qui compte pour situer le jeu : Kyle Thompson n’en est pas à son premier metroidvania. Well Dweller est présenté sur sa page Steam comme l’œuvre du créateur de Crypt Custodian et d’Islets, deux jeux du même genre, et cela se sent dans l’assurance avec laquelle il manie les codes. Rien n’est laissé au hasard dans la façon d’ouvrir le monde, de distiller les capacités ou de ramener le joueur vers les zones qu’il avait dû laisser de côté. Well Dweller est édité par Top Hat Studios.


Well Dweller, un plaisir d’exploration et de déplacement

C’est clairement le cœur de l’expérience. Le royaume est vaste, interconnecté, et il pousse constamment à revenir dans les zones déjà visitées. La progression repose sur l’acquisition de nouveaux pouvoirs de déplacement, qui ouvrent peu à peu des chemins auparavant inaccessibles, selon la recette la plus fidèle au genre.

Well Dweller : la carte du royaume et ses zones interconnectées
La carte de Well Dweller, un royaume vaste où chaque zone se raccorde aux autres. Image : Kyle Thompson, Top Hat Studios.

Le système de déplacement est particulièrement réussi. Saut, escalade, dash, vol plané et utilisation du bâton d’allumette s’enchaînent avec fluidité et précision. Se déplacer est ici un plaisir en soi. Et c’est sans doute ce qui distingue le plus Well Dweller d’un metroidvania simplement correct.

L’allumette a aussi un rôle hors des combats, puisqu’elle devient un élément central de certains puzzles environnementaux, par exemple quand on l’utilise comme ressort ou pour activer un mécanisme. Le level design se renouvelle aussi grâce aux mécaniques propres à chaque biome : plateformes temporaires, bulles, cloches et autres éléments spécifiques aux zones.

Les puzzles restent généralement simples à comprendre, mais parfois exigeants à exécuter, en particulier quand il faut combiner plusieurs capacités de déplacement. Pour ma part, c’est un bon équilibre : on sait ce que le jeu attend, et la difficulté vient des mains plutôt que d’une énigme opaque.


Des secrets partout et des bibelots à équiper

Le monde regorge de contenu à dénicher. Secrets, objets à collectionner, défis chronométrés et zones optionnelles se cachent un peu partout, avec notamment des esprits d’oiseaux à libérer et des pages qui racontent de petites histoires. Les amateurs de complétion auront de quoi faire bien après le générique.

Le système de bibelots ajoute une dimension de personnalisation. Ces objets apportent différents bonus et s’équipent selon les emplacements disponibles. Au début, leur nombre limité oblige à faire de vrais choix d’équipement, puis la progression débloque de nouveaux emplacements, jusqu’à pouvoir presque tout équiper en fin de partie.


Des combats simples et des boss un peu répétitifs

Les combats sont volontairement simples, et secondaires par rapport à l’exploration. Glimmer se bat surtout avec son allumette et une fiole d’huile inflammable, qu’il peut frapper à distance avec l’allumette. Il faut l’admettre, le système reste fluide et agréable, grâce à une aide à la visée efficace et à un dash qui permet d’esquiver les attaques.

Well Dweller : Glimmer face à un boss grotesque entouré de plumes
Un boss de Well Dweller, où le style illustré laisse place au grotesque. Image : Kyle Thompson, Top Hat Studios.

Les boss sont en revanche le point le moins convaincant. Leurs attaques se ressemblent d’un affrontement à l’autre et manquent parfois d’originalité. Leur difficulté reste cependant bien calibrée, sans gros pic qui viendrait casser le rythme de l’aventure.


Verdict : un metroidvania très bien maîtrisé

Well Dweller est un metroidvania particulièrement maîtrisé. Excellente sensation de déplacement, exploration très réussie, univers original et humour efficace : il coche tout ce qui compte dans le genre, et il le fait avec soin. Ses limites tiennent surtout à son manque d’innovation structurelle et à des combats et des boss moins variés que le reste de l’aventure.

Honnêtement, si vous aimez le genre, c’est une recommandation facile. L’aventure tourne autour d’une douzaine d’heures, avec davantage de contenu pour ceux qui visent les 100 %. Le jeu est sorti ce 22 septembre sur PC, PS5, Xbox Series, Switch et Switch 2, à 19,99 $, et il est inclus dans le Game Pass dès sa sortie, selon le communiqué de lancement de Top Hat Studios. Si vous cherchez en revanche un metroidvania qui bouscule les codes, celui-ci n’est pas fait pour ça.

Concrètement, je conseille Well Dweller à ceux qui prennent plaisir à fouiller chaque recoin d’une carte, à revenir sur leurs pas avec une nouvelle capacité et à maîtriser un personnage agile. Les joueurs qui attendent surtout des affrontements exigeants et des boss mémorables trouveront la partie combat un peu légère. Entre les deux, la présence du jeu dans le Game Pass dès sa sortie rend l’essai facile pour les abonnés.

Verdict Hitbox : Très bon, entre 13 et 15 sur 20

Ce qu’on aimeCe qu’on aime beaucoup moins
Un conte noir cruel, sans cesse désamorcé par un humour absurdeDes combats simples, relégués au second plan
Une direction artistique de livre illustré, contrastée par des ennemis grotesquesDes boss aux attaques répétitives et peu originales
Des puzzles et des mécaniques propres à chaque biome qui renouvellent les niveaux
Des secrets partout et des bibelots qui imposent de vrais choix d’équipement
Ce qui peut vous le faire acheterUne exploration vaste et interconnectée, portée par des déplacements fluides et précisCe qui peut vous dégoûterUne structure très classique, qui ne réinvente jamais le genre

Toutes les prochaines sorties et mises à jour sont réunies dans notre calendrier des sorties jeux vidéo, mis à jour à chaque session de la rédaction.