RetroSpace est sorti le 1er octobre sur PC, PS5, Xbox Series et Switch 2, vendu 19,99 € sur Steam. Développé par le studio hongrois The Wild Gentlemen et édité par Kwalee, c’est un immersive sim d’horreur spatiale qui vous met dans la combinaison d’un simple concierge, à bord d’une station avalée par un trou noir. Je l’ai trouvé incroyable. Son ambiance disco, son exploration pleine de secrets et sa façon de punir chaque échec m’ont tenu pendant une bonne vingtaine d’heures. Sur PS5, où je l’ai testé, il traîne quelques soucis techniques qui m’ont forcé à relancer la console, mais rien qui m’empêche de le ranger parmi les meilleurs jeux indés de l’année.
L’essentiel
RetroSpace mélange l’héritage de System Shock 2, BioShock et Fallout avec une esthétique disco des années 1970 qui lui donne une vraie identité.
L’exploration de l’Aurora 5, vaste, interconnectée et sans marqueurs, est son plus gros point fort.
Des freezes, quelques chutes de framerate et une carte peu claire gâchent par moments une aventure de 17 à 20 heures.
Concierge à bord de l’Aurora 5, une station avalée par un trou noir
Vous incarnez un concierge à bord de l’Aurora 5, une station spatiale ravagée par une catastrophe liée à un trou noir. Des mutants rôdent dans les couloirs, et le temps lui-même semble complètement déréglé. Dès les premières minutes, j’avais envie de comprendre ce qui s’était passé, de trouver une sortie et de découvrir qui j’étais vraiment. L’histoire se dévoile petit à petit, par les journaux audio, les personnages croisés et les détails glissés dans les décors.
Les inspirations sautent aux yeux : System Shock 2, BioShock, Prey, Fallout, avec des couloirs sombres et des créatures qui rappellent Dead Space. Bánk B. Varga, directeur créatif du studio, citait d’ailleurs Thief, System Shock, Deus Ex et Prey dans son entretien avec Wesley LeBlanc pour Game Informer. Sauf que RetroSpace ne ressemble à aucun d’eux. Son humour absurde et son esthétique rétro-futuriste disco lui donnent une identité bien à lui, assez rare dans un genre souvent très sérieux.
The Wild Gentlemen n’en est pas à son coup d’essai. Ce studio de 23 personnes s’était fait connaître avec Chicken Police – Paint it RED!, un polar en noir et blanc peuplé d’animaux, et RetroSpace est son premier vrai pas de côté, comme nous le racontions dans notre article sur la sortie de RetroSpace et ses huit fins.
Une direction artistique façon PS2, trempée dans le disco
C’est l’ambiance qui m’a happé en premier. RetroSpace affiche une direction artistique pixelisée et low-poly qui rappelle les jeux PS2, avec des éclairages très colorés et un univers rétro-futuriste inspiré des années 1970. Moquettes orange, néons, boules à facettes et affiches kitsch côtoient des créatures franchement horribles. Ce contraste entre des décors parfois kitsch et des mutants qui font peur fonctionne vraiment bien.

Dans RetroSpace, le son fait le reste. Les bruits inquiétants des mutants, les grincements de la station et la musique installent une atmosphère qui ne lâche jamais. Les armes ont des effets sonores satisfaisants, et le doublage, en anglais avec des textes en français, participe à la qualité de l’ensemble.
L’Aurora 5 se fouille comme un metroidvania, sans GPS pour vous guider
J’ai particulièrement aimé explorer l’Aurora 5. La station est vaste, interconnectée, remplie de raccourcis et de passages secrets, et certaines zones ne s’ouvrent qu’une fois le bon outil récupéré. Une porte fermée, une grille ou une tourelle hostile se contournent souvent par une autre route, un terminal ou une interaction avec le décor. RetroSpace pousse sans arrêt à observer avant d’agir, et c’est ce qui rend chaque découverte gratifiante.

Ce côté old-school a son revers. Le jeu refuse de vous guider avec des marqueurs précis, et j’ai souvent dû prendre des notes pour retenir les codes, les informations et les chemins déjà découverts. La carte n’est pas claire, et j’ai parfois tourné en rond un bon moment. Les objectifs restent aussi trop vagues par endroits, et les récompenses cachées au bout d’une zone secrète ne sont pas toujours à la hauteur de l’effort. La prise en main demande enfin un temps d’adaptation : les premières heures ne sont pas simples.
La clé à molette et le spray nettoyant, vrais outils de survie
Votre clé à molette devient vite indispensable. Elle sert à frapper les ennemis, à réparer certains équipements, à détruire des obstacles et à ouvrir des passages cachés. Le reste de l’équipement de concierge a aussi ses usages : le spray nettoyant révèle des indices et aide à résoudre certains problèmes. J’adore cette idée d’un héros qui survit avec les outils de son métier.
Chaque affrontement s’aborde à votre manière. Vous pouvez sortir vos armes, vous faufiler discrètement, tendre des pièges ou retourner l’environnement contre vos adversaires. Certains ennemis s’attaquent même entre eux, et il semble possible de terminer RetroSpace sans tuer personne. Le système de combat m’a plu grâce à la variété des armes, à leurs améliorations et aux faiblesses propres à chaque ennemi. Plusieurs situations poussent vraiment à expérimenter, même si l’intelligence artificielle se laisse parfois piéger trop facilement.

Il faut aussi gérer ses munitions, ses soins et un inventaire limité, qui oblige à faire des choix. Les objets inutiles se recyclent en ferraille, qui sert surtout à améliorer votre arsenal. Dommage que l’inventaire lui-même soit si peu pratique : impossible de séparer facilement des objets empilés ou de les faire pivoter pour gagner de la place, ce qui devient vite pénible quand vous transportez trop de matériel.
Mutamods et clones malades, chaque échec laisse une trace
Au fil de l’aventure, vous découvrez les Mutamods, des modifications génétiques qui donnent des capacités particulières. Certaines permettent de récupérer de la vie sous une lumière intense, d’autres améliorent vos sens, votre mobilité ou votre force de frappe, parfois avec une contrepartie. Vous pouvez aussi améliorer vos armes et votre combinaison grâce aux ressources récupérées. Je regrette que ces possibilités arrivent aussi tard : introduites plus tôt, elles m’auraient laissé plus de temps pour en profiter.
L’idée la plus originale de RetroSpace concerne l’échec. Quand vous tombez, vous revenez sous la forme d’un clone affecté de malus, notamment des maladies qui compliquent la suite. Pour vous en débarrasser, il faut payer, ou retourner jusqu’à votre ancien corps pour récupérer son ADN. Après un de ces retours, je me suis retrouvé avec une grippe, et plus moyen de rester discret. Ce genre de conséquence change vraiment la façon de jouer, et ça m’a fait sourire autant que ça m’a agacé.
Un refuge de concierge qui grandit à chaque personnage sauvé
Entre deux expéditions dans les couloirs de RetroSpace, vous rentrez au refuge du concierge (Janitor’s Haven). Les personnages que vous y ramenez débloquent de nouvelles possibilités : des améliorations, de l’équipement et des quêtes secondaires. Ce lieu évolue petit à petit et offre une vraie respiration entre deux explorations, un peu comme une base qu’on a plaisir à voir se remplir.
Freezes et chutes de framerate, le revers technique de RetroSpace
RetroSpace n’est pas exempt de défauts techniques. J’ai vu des objets et des textures disparaître, des problèmes de téléportation et des passages où l’environnement semblait s’effacer un instant. Quelques freezes m’ont obligé à relancer la console, ce qui est particulièrement frustrant au milieu d’une exploration, et le framerate chute aussi par moments. The Wild Gentlemen m’a précisé travailler sur un correctif important pour la version PS5, qui doit régler dans les prochains jours ces baisses de framerate et ces freezes rencontrés par une partie des joueurs.
L’interface de RetroSpace constitue un autre point faible, surtout à la manette. Naviguer dans les menus, la carte et certains outils manque de fluidité. Rien de tout cela ne casse l’aventure, mais ces accrocs reviennent assez souvent pour se faire remarquer.
RetroSpace, l’un des grands jeux indés de l’année
Malgré ses défauts, je retiens une aventure immersive franchement réussie, portée par son univers, son exploration, ses mécaniques variées et une histoire qui intrigue jusqu’au bout. Les fins apportent une vraie conclusion, même si certains personnages et certaines révélations auraient mérité plus de développement. Comptez entre 17 et 20 heures selon votre rythme.
Pour les amateurs d’immersive sims, RetroSpace est une excellente découverte, à condition d’accepter quelques frustrations techniques et une orientation volontairement limitée. Vendu 19,99 € sur la fiche Steam de RetroSpace, il a sa place parmi les jeux indés qui comptent cette année.

| Ce qu’on aime | Ce qu’on aime beaucoup moins |
|---|---|
| Une ambiance disco rétro-futuriste, entre kitsch et horreur | Une prise en main difficile au début |
| Une direction artistique façon PS2 et un son qui portent l’immersion | Des freezes qui forcent à relancer la console |
| Une station interconnectée, pleine de secrets et de raccourcis | Une carte peu claire et des objectifs parfois vagues |
| Plusieurs façons d’aborder chaque obstacle, discrétion comprise | Quelques chutes de framerate |
| Des clones malades qui changent vraiment la façon de jouer | Un inventaire pénible à organiser |
| Un refuge qui évolue au fil des personnages ramenés | Des améliorations qui arrivent tard |
| Ce qui peut vous le faire acheterUne exploration à l’ancienne qui récompense chaque détour | Ce qui peut vous dégoûterDes bugs techniques et une orientation volontairement floue |
Pour savoir ce qui arrive dans les semaines qui viennent, le calendrier des sorties de Hitbox liste chaque date avec sa source officielle.
