ION LANDS a mis cinq ans à sortir Nivalis Nights, et ça se sent dès les premières heures tellement le jeu vous met de choses entre les mains. Vous récupérez un stand de nouilles en piteux état dans une ville cyberpunk qui monte à la verticale, et vous devez en faire un commerce qui tourne, puis un deuxième, puis un bar et pourquoi pas une boîte de nuit. Entre les quêtes, la pêche, les plantes à faire pousser et l’appartement à décorer, j’y ai passé une dizaine d’heures avec le sentiment de n’avoir gratté qu’une petite partie du contenu. Il y a un très bon jeu là-dedans. Il y a aussi un problème de performances qui revient beaucoup trop souvent.
L’essentiel
Nivalis Nights est sorti le 29 septembre sur Steam à 22,49 €, développé par ION LANDS et édité par 505 Games.
On démarre avec un stand de nouilles délabré et on peut finir à la tête de plusieurs commerces, jusqu’aux bars et aux boîtes de nuit.
La ville et la bande-son sont superbes, les performances chutent fortement dans les zones chargées.
Nivalis Nights commence avec un stand de nouilles délabré
Vous héritez d’un stand de nouilles en mauvais état, et tout part de là : recruter du personnel, acheter les ingrédients, améliorer l’établissement petit à petit. La fiche Steam du jeu, développé par ION LANDS et édité par 505 Games, annonce la couleur dès la première ligne. C’est une boucle de gestion qu’on connaît, sauf qu’elle est posée ici dans une ville qui vit sa propre vie autour de vous.
Ce qui m’a accroché, c’est le mélange. Gestion, simulation de vie et exploration cyberpunk tiennent ensemble au lieu de se gêner, et chaque système en nourrit un autre. Vous pouvez déléguer une partie du travail à vos employés ou rester derrière le comptoir à tout faire vous-même, selon l’humeur du moment. Les deux approches marchent aussi bien, et c’est ce qui rend la gestion aussi satisfaisante sur la durée.

La progression ne s’arrête pas au restaurant. On développe plusieurs types d’entreprises, jusqu’aux bars et aux boîtes de nuit, et c’est là que Nivalis Nights donne vraiment le sentiment de construire quelque chose sur le long terme. Le stand du début devient une adresse, puis une deuxième, et vous vous surprenez à regarder les vitrines vides d’un quartier en vous demandant ce que vous pourriez y mettre.
Une ville qu’on visite autant qu’on y travaille
Nivalis Nights découpe sa ville immense en quartiers qu’on débloque au fil des heures, avec des personnages à rencontrer et des quêtes à accepter en chemin. J’ai souvent laissé mon commerce tourner tout seul pour aller voir ce qu’il y avait deux niveaux plus bas, et c’est rarement décevant.
Dès qu’on prend deux secondes pour lever la tête, la direction artistique cyberpunk de Nivalis Nights saute aux yeux : les néons débordent de partout, la météo bouge et l’architecture impressionne. La bande-son synthwave accompagne tout ça et rend certaines scènes franchement immersives, surtout quand la pluie s’invite.
Si la ville paraît aussi vivante, ses habitants y sont pour beaucoup : ils ont leurs propres histoires, ils réapparaissent régulièrement, ils proposent des quêtes, et certains finissent employés ou alliés chez vous. Les dialogues sont entièrement doublés et les personnages sont assez nombreux et variés pour qu’on ait le sentiment d’une vraie communauté plutôt que d’une foule de figurants.
J’ai surtout aimé la liberté qu’il laisse. Vous organisez vos journées comme vous le voulez : gérer la boutique, explorer, enchaîner les quêtes, pêcher, cultiver des plantes, décorer l’appartement ou simplement vous promener. La scène indépendante aime ces activités ordinaires transformées en jeu, et Dust till Dawn en fait autant avec le ménage et l’horreur japonaise. Ici, la journée vous appartient vraiment.
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Nivalis Nights : le Test en 3 minutes
La nuit change les règles
Le cycle jour/nuit de Nivalis Nights n’a rien de décoratif. Quand la nuit tombe, le couvre-feu s’applique, la sécurité se renforce et certaines activités plus clandestines s’ouvrent. Ça change complètement la façon dont on organise sa soirée, et ça donne au jeu une deuxième couleur une fois le soleil couché.

C’est aussi le moment où la ville est la plus belle. Les reflets sur le sol mouillé, les enseignes qui se répondent d’un immeuble à l’autre et les effets de météo produisent des scènes qu’on regarde sans rien faire d’autre. Pour un jeu qui tient beaucoup à son ambiance, ces quelques minutes gratuites comptent autant que les chiffres du commerce.
Côté contenu annexe, Nivalis Nights propose énormément d’activités secondaires et de systèmes en plus, au point qu’après une dizaine d’heures j’avais encore l’impression de n’avoir découvert qu’une petite partie de ce que propose le jeu. Les amateurs de nouveautés indépendantes trouveront d’ailleurs de quoi faire en ce moment, puisque GHOST EATER vient d’ouvrir son playtest à tout le monde sur Steam.
Ce qui m’a gâché le plaisir
Le principal problème est ailleurs que dans le contenu. Les performances chutent fortement dans les zones chargées, avec des ralentissements parfois importants même sur une configuration puissante. Quand un jeu tient debout sur son ambiance, une chute de framerate abîme exactement ce qu’il essaie de construire, et ça arrive trop souvent pour qu’on l’oublie.
S’ajoutent quelques bugs et une interface qui manque parfois de clarté. Rien d’insurmontable, mais dans un jeu où on jongle en permanence entre des stocks, des employés, des quêtes et une carte à plusieurs niveaux, une interface confuse coûte cher en confort.
Je regrette aussi de ne pas pouvoir créer mon propre personnage. Pour un titre qui vous propose de vivre dans une ville cyberpunk, de décorer votre appartement et de vous faire une place dans un quartier, l’absence de création de personnage surprend vraiment. C’est la fonction qui manque le plus à Nivalis Nights sur son terrain de simulation de vie.
Reste la question de la quantité, plus discutable celle-là. Je me suis parfois senti submergé par le nombre de quêtes et de systèmes proposés en même temps. J’ai fini par les mettre de côté pour revenir à mon commerce quand j’en avais envie, et le jeu m’a laissé faire sans jamais me le reprocher. C’est plutôt une bonne nouvelle pour qui aime avancer à son rythme.
Mon verdict sur Nivalis Nights
Nivalis Nights est un très bon jeu de gestion posé dans l’une des plus belles villes cyberpunk qu’on ait vues cette année. La boucle accroche, la ville donne envie de s’y perdre, et la liberté d’organiser ses journées fait le reste. Les performances, elles, demandent encore du travail, et c’est ce qui empêche le jeu de monter d’un cran. Si ION LANDS règle ça dans les prochaines semaines, il restera une simulation de vie cyberpunk à laquelle peu de jeux ressemblent.

| Ce qu’on aime | Ce qu’on aime beaucoup moins |
|---|---|
| Le mélange de gestion, de simulation de vie et d’exploration cyberpunk, avec des systèmes qui se nourrissent entre eux | Les chutes de performances dans les zones chargées, même sur une configuration puissante |
| Une ville immense et magnifique, avec une météo dynamique et une architecture qui impressionne | L’impossibilité de créer son propre personnage, alors que le jeu tient de la simulation de vie |
| La bande-son synthwave, qui porte l’ambiance de bout en bout | Une interface qui manque parfois de clarté, et quelques bugs |
| Des habitants qui ont leurs histoires, des dialogues entièrement doublés et des PNJ qui deviennent employés ou alliés | |
| La liberté d’organiser ses journées, entre commerce, quêtes, pêche, culture et décoration | |
| Ce qui peut vous le faire acheterPartir d’un stand de nouilles délabré pour finir à la tête de bars et de boîtes de nuit | Ce qui peut vous dégoûterL’optimisation, qui casse l’immersion au moment précis où la ville est la plus belle |
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