Silver Pines est une enquête horrifique qui mélange survival horror en 2D, exploration façon metroidvania et une ambiance qui doit beaucoup à David Lynch. J’y ai incarné Red Walker, un détective privé envoyé dans une petite ville isolée pour retrouver Eddie Velvet, un guitariste disparu sans laisser de trace. Le premier jeu de Wych Elm, édité par Team17, sort ce jeudi 8 octobre, et il m’a tenu en haleine du début à la fin grâce à son atmosphère, sa ville à explorer et son mystère. Son combat, en revanche, reste nettement en dessous du reste, et son rythme volontairement lent ne plaira pas à tout le monde.
L’essentiel
Silver Pines sort le 8 octobre sur PC, PS5, Xbox Series, Switch 2 et Switch, à 24,99 € sur Steam.
L’ambiance, la direction artistique et l’exploration de la ville sont ses plus grandes forces.
Le combat, simple et imprécis, est son principal point faible, avec des ennemis peu variés.
Une ville de Silver Pines qui ne tourne pas rond
Vous débarquez à Silver Pines dans la peau de Red Walker, sur la piste d’Eddie Velvet. Et très vite, vous comprenez que quelque chose cloche. Les habitants sont étranges, méfiants, et ils ont tous l’air de cacher quelque chose. C’est exactement le genre de ville où l’on frappe à une porte en se demandant ce qu’on va trouver derrière, et la presse, dont nous avions réuni les premiers tests de Silver Pines, avait déjà salué cette ambiance.
L’histoire distille ses informations au compte-gouttes, et c’est voulu. J’ai constamment eu envie de comprendre ce qui était vraiment arrivé à Eddie, à Alice et à Red lui-même. Chaque réponse ouvre une nouvelle question, et le jeu sait parfaitement doser ce qu’il vous montre et ce qu’il garde pour plus tard.
J’ai particulièrement aimé la façon dont le récit passe par le décor. Vous reconstituez l’histoire à partir de notes, d’objets, de lieux, et des transformations de la ville elle-même au fil de l’aventure. Personne ne vous explique tout : c’est à vous de recoller les morceaux, et c’est franchement gratifiant quand une pièce trouve enfin sa place.
Et la ville elle-même change. Au fil de l’enquête, Silver Pines se transforme progressivement, et ces transformations font partie du récit au même titre que les documents. Elles racontent quelque chose à qui prend le temps de regarder, et elles donnent une vraie raison de repasser par des endroits que vous pensiez connaître.
L’ambiance, le gros point fort du jeu
Pour moi, l’ambiance est l’un des énormes points forts de Silver Pines. La ville est sombre, macabre, étrange, et vous avez en permanence l’impression que quelque chose ne va pas. Ce malaise diffus fait toute la force du jeu.
La direction artistique y est pour beaucoup. Le style peint et rotoscopé, les couleurs désaturées et les petites touches de néon donnent au jeu une identité visuelle vraiment à part. Vous reconnaissez une capture de Silver Pines au premier coup d’œil, et peu de jeux indépendants peuvent en dire autant.
La bande-son et les effets sonores suivent la même logique. Ils cherchent surtout à installer le malaise et la suspicion, et le jeu garde ses moments de peur pour quand ils comptent vraiment. Résultat, vous vous méfiez de tout le monde, exactement comme Red se méfie de ces habitants qui ont tous l’air d’en savoir plus qu’ils ne le disent. Si vous aimez l’horreur qui mise sur l’atmosphère, notre test de Silent Hill: Townfall, où l’ambiance prime sur l’action, vous parlera aussi.
Explorer Silver Pines, un vrai plaisir
J’ai adoré explorer la ville. La carte est vaste, interconnectée, remplie de passages à débloquer, de secrets et de zones où vous pourrez revenir plus tard. Vous tombez sur une porte fermée, vous notez l’endroit, et vous y revenez des heures après avec le bon objet. Ce va-et-vient est l’un des grands plaisirs du jeu.

Et l’exploration paie vraiment. Vous trouvez des améliorations, des extensions d’inventaire, des objets qui ouvrent de nouvelles possibilités, et des morceaux d’histoire en plus. Chaque détour a de bonnes chances de vous rapporter quelque chose, ce qui donne envie de fouiller chaque recoin.
La carte, elle, fonctionne très bien. Elle vous aide à vous souvenir des endroits où revenir une fois le nouvel équipement en poche, et ça évite de tourner en rond. Pour un autre jeu indépendant qui mise tout sur l’exploration, notre test de Well Dweller fait un bon point de comparaison.
Attention quand même à l’étiquette. Silver Pines emprunte au metroidvania son exploration interconnectée, ses allers-retours et sa progression non linéaire, mais il reste beaucoup plus proche du survival horror à la Resident Evil. Si vous attendez des sauts précis et des pouvoirs de déplacement à débloquer, vous ne serez pas sur le bon jeu.
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Énigmes et ressources : chaque choix compte
Côté énigmes, le jeu est globalement bien pensé, et il récompense votre attention aux détails. Certaines réponses se trouvent directement dans les documents et les indices ramassés en chemin. Lisez tout ce que vous trouvez : c’est souvent là que se cache la solution.

La gestion des ressources pèse lourd. Munitions, soins, place dans l’inventaire et argent sont assez limités pour vous obliger à réfléchir avant chaque décision. Vous hésitez à utiliser une trousse de soin, vous gardez vos balles pour plus tard, vous faites des choix. Même l’argent fait partie de l’équation, et il est assez rare pour que chaque dépense mérite d’y réfléchir à deux fois. C’est du survival horror à l’ancienne, dans le bon sens du terme.
Même esprit pour le rythme, volontairement lent et lourd. Ça renforce bien la tension, mais je comprends tout à fait que ça puisse frustrer les joueurs habitués à des jeux plus rapides. Silver Pines vous demande de la patience, et il la récompense.
Le combat, là où Silver Pines coince
Le système de combat est probablement le principal point faible du jeu. Les affrontements sont assez simples, les armes de mêlée manquent de précision, et les hitboxes, ces zones où un coup est censé toucher, semblent parfois franchement approximatives. Vous frappez, vous pensez toucher, et non.

Les ennemis manquent aussi de variété. Certains affrontements, notamment les boss, m’ont paru assez répétitifs à côté de la richesse du reste de l’aventure. C’est d’autant plus dommage que tout le reste du jeu est très soigné.
Cela dit, j’ai trouvé intéressant que le jeu mise sur la survie et l’évitement. Vous vous demandez sans arrêt si un affrontement vaut vraiment ce qu’il va vous coûter en ressources, et souvent, la meilleure option reste de passer votre chemin. Le combat devient alors surtout une affaire de calcul : vous vous battez quand vous n’avez pas le choix, ou quand ce que vous allez gagner vaut les balles et les soins dépensés. Ce choix de conception tient la route, et il colle bien à l’esprit du jeu. La presse a d’ailleurs relevé le même défaut dans ses premiers tests.
Plusieurs fins qui donnent envie d’y retourner
Silver Pines propose plusieurs fins, et son histoire reste volontairement mystérieuse. Résultat, j’ai eu envie de replonger pour comprendre les éléments que j’avais manqués la première fois. Chaque nouvelle partie permet de recoller d’autres morceaux, de relire autrement certains documents et de voir où mènent les autres chemins de l’histoire. Rares sont les jeux qui donnent autant envie de recommencer aussitôt finis.
Côté pratique, le jeu coûte 24,99 € sur la page Steam de Silver Pines, où la précommande affichait 22,49 € avec la remise de lancement. Il sort aussi sur PS5, Xbox Series, Switch 2 et Switch.
Mon verdict sur Silver Pines
Au final, Silver Pines est une expérience particulièrement réussie pour les amateurs de survival horror à l’ancienne. Son atmosphère, son exploration et son mystère m’ont porté jusqu’au bout. Son gameplay volontairement rigide ne conviendra clairement pas à tout le monde, mais si vous acceptez son rythme, vous tenez l’une des belles surprises horrifiques de l’automne.
Si vous aimez les survival horror à la Resident Evil, les enquêtes qui prennent leur temps et les ambiances à la David Lynch, Silver Pines est fait pour vous. Si vous cherchez avant tout de l’action et des combats nerveux, mieux vaut savoir dès le départ que le combat reste son point le plus faible.

| Ce qu’on aime | Ce qu’on aime beaucoup moins |
|---|---|
| Une ambiance sombre et étrange, inspirée de David Lynch, qui installe un malaise permanent | Un combat simple, aux armes de mêlée imprécises et aux hitboxes approximatives |
| Une direction artistique peinte et rotoscopée, aux couleurs désaturées et aux touches de néon | Des ennemis peu variés et des boss répétitifs |
| Une ville vaste et interconnectée, pleine de secrets et de passages à débloquer | |
| Une histoire racontée par le décor, qui se dévoile au compte-gouttes | |
| Des énigmes qui récompensent l’attention portée aux documents | |
| Une gestion des ressources qui oblige à peser chaque décision | |
| Plusieurs fins qui donnent envie d’y revenir | |
| Ce qui peut vous le faire acheterUne atmosphère, une exploration et un mystère qui comblent les amateurs de survival horror à l’ancienne | Ce qui peut vous dégoûterUn rythme lent et un gameplay volontairement rigide, loin d’un jeu d’action nerveux |
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