Test Onimusha: Way of the Sword, des combats et des redites

Onimusha: Way of the Sword est sorti le 4 septembre et marque le retour de la série. C’est un jeu que j’ai adoré autant que détesté. Capcom livre un jeu d’action volontairement traditionnel, construit autour d’un système de combat exigeant et de boss vraiment travaillés. Le reste suit moins bien : un Kyoto plus étroit qu’on pourrait l’espérer, des ennemis qui se répètent et des quêtes secondaires qui tournent vite en boucle. Voici ce qui m’a tenu en haleine, ce qui m’a lassé, et à qui je le conseille vraiment.

L’essentiel

Le combat, fondé sur le timing, les parades et le contre, est la grande réussite du jeu.

Les boss demandent d’apprendre leurs attaques et offrent les meilleurs moments de l’aventure.

Un bestiaire limité, un Kyoto compact et des quêtes secondaires répétitives freinent l’ensemble.


Le combat d’Onimusha: Way of the Sword récompense la précision

Tout part du combat. Les bases se prennent en main vite, et le jeu devient vraiment intéressant quand on comprend qu’il récompense la lecture de l’adversaire bien plus que l’agressivité. Il faut observer l’attaque qui arrive, choisir entre parer et esquiver, et frapper au bon moment. Tout repose sur le timing.

Le cœur du système, c’est le contre. Réussir une action pile au bon moment inflige de gros dégâts et fait tomber l’ennemi bien plus vite qu’une série de coups classiques. C’est ce contre qui donne au jeu toute sa saveur. Quand il réussit, on a l’impression d’avoir mérité chaque victoire, et la précision est vraiment récompensée.

Onimusha: Way of the Sword : Musashi réussit un contre au sabre dans un jardin nocturne
Un contre réussi, le moment où Onimusha: Way of the Sword devient grisant. Image : Capcom.

Autour de ce socle, le jeu ajoute une progression moderne avec des armes, des compétences et des améliorations à débloquer. Rien de révolutionnaire, mais ça donne une bonne raison de pousser l’exploration et de revenir aux combats avec de nouveaux outils.


Des boss qui justifient à eux seuls l’aventure

Si je devais garder un seul souvenir du jeu, ce serait les boss. Chacun impose d’observer ses enchaînements, de repérer ses ouvertures et d’utiliser tout ce que le système de combat permet. Il faut apprendre leurs patterns et maîtriser les mécaniques pour en venir à bout, et c’est ce qui rend chaque victoire satisfaisante.

La réalisation suit. Le jeu est globalement solide visuellement, mais c’est pendant ces affrontements que les effets et les animations sont les plus soignés. C’est là que le jeu montre ce qu’il a de meilleur.

Onimusha: Way of the Sword : Musashi affronte un démon géant dans une forêt de bambous
Les boss, le vrai morceau de bravoure du jeu. Image : Capcom.

Deux niveaux de difficulté pour deux publics

La difficulté dépend énormément du mode choisi, et c’est une bonne nouvelle pour les joueurs qui ont peur des jeux exigeants. Le mode Histoire, comme l’a détaillé Game Informer dans son article sur le mode facile, réduit les dégâts reçus, élargit les fenêtres de parade et affiche à l’écran le bouton à presser au bon moment. C’est une façon intelligente d’apprendre la parade à ceux qui l’évitent d’habitude. Le mode Action demande en revanche une vraie maîtrise.

Pour ceux qui en veulent encore plus, un mode plus exigeant existe, mais il ne se débloque qu’après une première partie terminée, comme l’a relevé PC Gamer. Le choix de départ reste donc simple : Histoire pour découvrir, Action pour se mesurer au jeu.


Kyoto, un décor soigné mais trop étroit

C’est ici que mon enthousiasme retombe. Kyoto n’est pas vraiment un monde ouvert : ce sont plutôt des zones assez compactes, reliées par quelques embranchements. Le jeu reste très linéaire, même si certains quartiers laissent un peu plus de liberté.

L’exploration permet de récupérer du butin, d’améliorer son équipement et de faire des activités secondaires, mais elle reste limitée. Les missions secondaires se ressemblent trop, avec plusieurs objectifs construits sur les mêmes mécaniques. À force, on finit par les faire par obligation plutôt que par envie.

Le décor lui-même manque parfois de variété, avec des rues et des éléments qui reviennent régulièrement. Les ennemis classiques suivent la même pente : le bestiaire est assez restreint, et les affrontements ordinaires deviennent répétitifs bien avant la fin.


Musashi et l’héritage de la série Onimusha

Le jeu garde très fort l’identité des anciens Onimusha. On retrouve l’esprit de la série dans le ton, le combat et les démons, avec une progression plus moderne par-dessus. Pour un fan de la première heure, ce retour a quelque chose de réconfortant.

Miyamoto Musashi est un choix fort. Capcom lui a donné les traits du célèbre acteur japonais Toshirō Mifune, un processus que le studio a raconté dans un entretien accordé à Game Informer. Son potentiel est énorme, mais à mon sens son écriture manque de profondeur, et ses motivations ne sont pas toujours claires.

La narration reste accessible, plus directe que celle d’un souls-like, avec des personnages secondaires bien présents. On suit l’histoire sans effort.


À qui s’adresse Onimusha: Way of the Sword

Le profil idéal est assez clair. Si vous aimez les jeux d’action où chaque affrontement se gagne à la lecture et au timing, Onimusha: Way of the Sword vous donnera exactement ce que vous cherchez, surtout dans ses combats de boss. Les fans des anciens épisodes y retrouveront aussi une identité qu’ils connaissent, avec des armes, des compétences et des améliorations qui modernisent la formule.

Les joueurs moins à l’aise avec les jeux exigeants ne sont pas laissés de côté. Le mode Histoire, avec ses indications à l’écran et ses fenêtres de parade élargies, permet de profiter de l’aventure sans se heurter à un mur, et le mode Action reste là pour ceux qui veulent monter d’un cran. En revanche, si ce qui vous attire dans un jeu d’action, c’est l’exploration d’un grand monde et des quêtes variées, le jeu risque de vous laisser sur votre faim.


Mon verdict sur Onimusha: Way of the Sword

Onimusha: Way of the Sword est un jeu d’action volontairement traditionnel. Ses trois piliers, le combat, les boss et l’identité de la série, sont réussis, et le combat en particulier est ce que j’ai préféré dans le jeu. Toutefois, la répétitivité des ennemis et des quêtes, une exploration limitée et un Kyoto trop compact l’empêchent d’être le grand retour qu’il aurait pu être.

Au final, je le recommande d’abord pour son combat et ses boss, en sachant qu’il faudra accepter un monde plus étroit et plus répétitif qu’on ne l’aimerait. Pour un amateur d’action pure, Onimusha: Way of the Sword vaut largement le détour.

Verdict Hitbox : Excellent, entre 15 et 17 sur 20

Les plusLes moins
Un combat accessible dans ses bases, fondé sur le timing, les parades et les esquivesUn bestiaire limité et des ennemis classiques répétitifs
Des boss travaillés, qui obligent à lire leurs patternsUn jeu très linéaire, malgré quelques zones plus libres
Deux modes de difficulté pour deux publics, avec un mode Histoire bien penséKyoto découpé en zones compactes plutôt qu’en vrai monde ouvert
Une réalisation solide, surtout pendant les combats de bossUne exploration limitée et des quêtes secondaires répétitives
L’identité des anciens Onimusha, avec une progression moderneDes décors qui manquent parfois de variété
Une narration directe et accessibleUn Musashi au fort potentiel, mais écrit sans assez de profondeur
Le gros plusLe système de contre, qui récompense chaque action réussie au bon momentLe gros moinsLa répétitivité : ennemis, quêtes secondaires et décors reviennent trop souvent

Pour savoir ce qui arrive dans les semaines qui viennent, le calendrier des sorties de Hitbox liste chaque date avec sa source officielle.